Depuis quelques années, les formations en ligne ont débarqué dans l'éducation nationale.

Je ne sais pas si ailleurs ça fonctionne, mais pour nous, on va dire que le système est perfectible ! Je pourrais même dire autre chose mais j'ai décidé d'être bienveillante ( je vais bientôt écrire un article entier sur ce mot là ) et de ne pas m'énerver.

Donc, ce matin, je décide de m'y coller. Je suis presque seule à la maison, l'homme est dans son magasin, Cla est à la fac, petit Al est en vacances chez ma soeur. Il ne reste que grand A qui joue à Overwatch révise sa physique pour le bac et Minette qui surveille les tourterelles dans le jardin ( il parait que ce ne sont pas des pigeons mais des tourterelles ).

Avant de commencer ma formation en ligne, il faut que je la retrouve. Le site de ma circonscription ( qui propose cette formation ) me dit "service anavailable". Ca commence bien.

Je vais sur le site académique, qui fonctionne, mais dont le moteur de recherche n'est pas très intuitif ( vous noterez que je suis toujours bienveillante ). Pour une fois, je trouve très vite ce que je cherche.

Bienvenue sur ce parcours pour découvrir l’éducation aux médias et à l'information, ses enjeux culturels, éducatifs et citoyens.

C'est une formation de 6 heures: 3 heures en ligne et 3 heures en "vrai".

Les objectifs:

 

  • Découvrir l'usage pédagogique des médias et la transversalité
  • Identifier les concepts et les idées fortes de l'éducation aux médias et à l'information
  • Appréhender la place occupée par les médias dans la vie des enfants et à l'école

C'est intéressant et j'espère apprendre vraiment quelque chose car ce n'est pas un sujet très nouveau, forcément, et j'ai l'impression d'y avoir déjà beaucoup réfléchi. Je passe aussi pas mal de temps à me lamenter parce que les enfants ( TOUS ! ) passent beaucoup trop de temps devant des écrans et moi aussi d'ailleurs.

Un premier texte très court me met en garde sur le risque que les médias deviennent des instruments d'aliénation des esprits. OK, j'accepte cette première mission qui me semble essentielle.

Le deuxième texte m'explique que je dois

donner des points de repère solides, simples, à des enfants envahis de pratiques extérieures qui peuvent ainsi choisir, comprendre, évoquer leurs usages tout en avançant dans leurs apprentissages scolaires.

Bien, bien, bien.

Le troisième texte est court aussi mais je n'ai pas tout compris ( et je commence à sentir ma bienveillance qui s'amenuise ). Je découvre le mot " illectronisme" et commence à comprendre que bientôt, en plus de nous rendre coupable de l'illétrisme de nos élèves, on pourra bientôt nous accuser d'avoir des élèves illectriques. Ce dernier texte est bourré de grands mots et évoque la convention internationale des droits de l'enfant. Peut-être qu'on portera plainte bientôt contre les méchantes maîtresses dont les élèves sont illétriques.

Je passe ensuite aux vidéos. Un monsieur moustachu évoque l'urgence démocratique, le codage ( je ne sais pas trop ce que c'est mais je dois leur apprendre ça aussi ) et le décodage, et aussi Nabila. Allo, quoi ? car la vidéo date de 2014.

Deuxième vidéo : j'apprends que l'éducation aux médias est sanctuarisée par la loi. Qu'est-ce que je vous disais ? Je vais finir en prison si je ne le fais pas ! Ah, ça y est, on passe à comment faire. Il faut mettre en place une pédagogie d'accompagnement mais la dame précise que c'est très complexe. Il faut aussi réaffirmer les enjeux citoyens, justement, j'allais le faire !!! Dès que je saurai comment ? Il parait que je dois aussi encourager mes élèves à être des médias eux-même, ça c'est facile car ils sont très bavards cette année, pire que l'année dernière !!! Par contre, je ne les encourage pas trop à bavarder, aïe ... disons que je cadre ces moments-là, allez ! Je cadre trop surement, car la conclusion est que les jeunes, citoyens d'aujourd'hui, ont vocation à être de plus en plus écoutés.

Peut-être que pour les écouter, il faudrait qu'ils soient un peu moins nombreux dans nos classes, non ?

J'ai fini la première partie de cette formation. En toute bienveillance, je crois pouvoir dire que je n'ai rien appris du tout mais peut-être que la deuxième partie va m'éclairer ?

 

La deuxième partie commence par un quiz auxquels j'échoue mais qui m'apprend que les enfants regardent plus la téléréalité que les dessins animés. Je pense passer directement dans les maisons de mes élèves pour changer de chaines, j'en profiterai pour sermonner ceux qui n'apprennent pas bien les mots de la dictée et boivent du coca à table, comme ça je ferai d'une pierre deux coups. Je découvre aussi que les enfants sont des menteurs car ils déclarent " utiliser Internet pour leurs devoirs et travaux scolaires, devant les jeux en ligne (50 %) et l’utilisation des réseaux sociaux (48 %)." . Peut être même que, quand je rentre à la maison et que petit Al me dit: " mais je viens juste de prendre la tablette !!! " il n'est pas complètement honnète ? Ma foi en l'humanité commence à s'effriter.

 

Oh, une vidéo qui commence bien ! ça alors, le monsieur nous dit que les enfants doivent pouvoir s'exprimer sur leurs pratiques à l'école. Là, j'approuve car c'est évident : il faut prendre le temps de les écouter ( souvent pendant la récré ) pour savoir ce qu'ils font vraiment avec leurs écrans et se réjouir de ceux qui lisent des livres et des magazines. Ces moments d'écoute bienveillante sont plus faciles à mettre en place dans des classes pas trop chargées ... oups, ça je l'ai déjà dit ?

L'éducation aux médias se fait principalement dans les familles ( c'était dans le quiz que j'ai raté ) mais c'est à nous de prendre le relai pour les enfants dont les familles n'évoquent pas du tout le sujet et ( pour faire simple ) ne regardent que des conneries ( ce n'était pas dit comme ça, je traduis ), du sexe, de la violence et les publicités.

Toujours dans cette dernière vidéo qui me plait bien car elle colle avec ce que je fais : on doit s'appuyer sur ce que les enfants nous disent et nous apportent.

AH !

Je ne vais pas finir en prison finalement. Mes élèves me parlent ( beaucoup trop ), je leur réponds ( autant que possible ) et on regarde le journal télé des enfants sur Arte, qu'ils adorent et moi aussi.

 

Je n'ai pas le temps de finir ma formation en ligne ce matin car ma journée ( de vacances ) est bien chargée.

Je vous raconterai la suite s'il y a matière à se moquer ( en toute bienveillance ).

 

arteThemeIdents_15

 

 

 

 

 

 

 

.

 

Enregistrer